Un bilan de cholestérol, c’est quatre ou cinq chiffres empilés—et presque aucune explication. Pourtant, chaque ligne raconte une partie différente de la même histoire : celle de vos artères. Voici comment les lire, un à un.
Le bilan
Pas un chiffre, mais une petite équipe
On parle « du cholestérol », mais le bilan affiche plusieurs valeurs : le cholestérol circule dans le sang à bord de particules différentes, aux rôles différents. Lues ensemble, elles décrivent votre risque cardiovasculaire bien mieux qu’un seul chiffre.
1. Le cholestérol LDL — celui qu’on veut abaisser. La lipoprotéine de basse densité dépose le cholestérol dans la paroi des artères, où il forme la plaque. C’est la cible principale des traitements.
2. Le cholestérol HDL — l’allié. La lipoprotéine de haute densité ramène le cholestérol vers le foie. Ici, plus c’est élevé, mieux c’est.
3. Les triglycérides — les gras en transit. Un gras sanguin distinct, lié à l’alimentation, à l’alcool, au poids et à la glycémie. Quand ils sont élevés, le calcul du LDL devient moins fiable.
4. Le cholestérol non-HDL — le portrait complet. Le cholestérol total moins le HDL. Il regroupe d’un coup toutes les particules nuisibles—les lignes directrices canadiennes le préfèrent désormais (ou l’ApoB) lorsque les triglycérides atteignent 1,5 mmol/L ou plus.
Les cibles
À quoi ressemble un « bon » résultat
Les cibles ne sont pas universelles—elles se resserrent à mesure que le risque cardiovasculaire augmente. À titre de repère général, pour un adulte à risque faible ou modéré :
Marqueur
Repère général
En une ligne
LDL
Sous 3,5 mmol/L
Plus bas vaut mieux ; la cible chute avec le risque
HDL
Plus de 1,0 (h.) / 1,3 (f.)
Le seul chiffre où viser plus haut
Triglycérides
Sous 1,7 mmol/L
Alimentation, alcool et poids l’influencent le plus
Non-HDL
Sous 4,2 mmol/L
Marqueur à privilégier si les triglycérides sont élevés
Si vous avez déjà une maladie cardiaque ou du diabète
Votre cible de LDL est bien plus basse—souvent sous 1,8 mmol/L, parfois moins encore. Un même chiffre peut être « correct » pour l’un et « trop élevé » pour l’autre. C’est le risque qui fixe la barre.
Le test
Se faire tester est plus simple qu’avant
Il n’est plus nécessaire d’être à jeun pour un test de cholestérol de routine—les lignes directrices canadiennes acceptent le prélèvement sans jeûne pour la plupart des gens (sauf lorsque les triglycérides sont connus pour être très élevés). Le dépistage est recommandé pour les hommes et les femmes dès 40 ans, et plus tôt en présence de facteurs de risque : antécédents familiaux de maladie cardiaque précoce, hypertension, diabète ou tabagisme.
Questions fréquentes
Vos questions sur le cholestérol
Faut-il être à jeun pour un test de cholestérol ?
Habituellement non. Les lignes directrices canadiennes acceptent le test sans jeûne pour la plupart des adultes. Le jeûne est surtout réservé aux personnes dont les triglycérides sont connus pour être très élevés.
Quel chiffre compte le plus ?
Le LDL est la cible principale des traitements, mais le cholestérol non-HDL (ou l’ApoB) offre un portrait plus complet—surtout si les triglycérides sont élevés. Votre équipe les lit ensemble, avec votre risque global.
Le mode de vie peut-il vraiment changer mes chiffres ?
Oui. L’alimentation, l’activité physique, le poids et l’arrêt du tabac agissent tous sur votre bilan. La médication s’ajoute quand le risque le justifie—non pas à la place de ces changements, mais avec eux.
Nous sommes là pour ça
Lisez vos chiffres avec nous, à Laval
Un bilan de cholestérol prend tout son sens quand quelqu’un vous l’explique. À la Pharmacie Dominic Fournier, notre équipe peut décoder chaque valeur avec vous, préciser vos cibles personnelles, réviser vos médicaments et intégrer le tout dans un plan de santé cardiaque au sein de notre centre de gestion des maladies chroniques—tout près de chez vous, à un moment qui vous convient.
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Sources / Références
- Société canadienne de cardiologie (SCC). Lignes directrices 2021 sur la prise en charge de la dyslipidémie pour la prévention des maladies cardiovasculaires chez l’adulte : dépistage recommandé chez les hommes et les femmes âgés de 40 ans et plus (ou à tout âge en présence de certaines conditions à risque) ; un bilan lipidique non à jeun est recommandé dans la plupart des cas, sauf lorsque les triglycérides sont supérieurs à 4,5 mmol/L ; le cholestérol non HDL (non-HDL-C) ou l’apolipoprotéine B (ApoB) sont privilégiés plutôt que le LDL-C lorsque les triglycérides sont ≥ 1,5 mmol/L.
- Société canadienne de cardiologie (SCC). Lignes directrices 2021 sur la dyslipidémie : définition des seuils d’intervention thérapeutique et des cibles de traitement du cholestérol LDL (LDL-C), notamment un objectif de < 1,8 mmol/L en prévention secondaire des maladies cardiovasculaires.
- Statistique Canada — Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS), 2016–2019. Environ 14 % des Canadiens âgés de 18 à 79 ans présentaient un taux de cholestérol LDL non optimal, tandis que 15 % avaient un taux de cholestérol non HDL non optimal. Le taux moyen de LDL observé était de 2,77 mmol/L.
- Statistique Canada — Taux de cholestérol des adultes, 2012–2013. La dyslipidémie touchait 38 % des adultes canadiens. Parmi les personnes concernées, 51 % savaient qu’elles étaient atteintes de cette condition.
- Santé Canada. Selon les recommandations générales, un taux de cholestérol LDL considéré comme idéal est inférieur à 3,5 mmol/L, tandis qu’un taux de cholestérol HDL souhaitable est supérieur à 0,9–1,0 mmol/L. Le rapport entre le cholestérol total et le HDL constitue également un indicateur utile pour évaluer le risque cardiovasculaire.